Wild Chronicles #2 – Le bilan de ma première année en freelance

On y est. Cela fait un peu plus d’un an que je me suis mise en freelance. Quel bilan tirer de cette aventure entrepreneuriale ? Faisons le point !

Les premiers mois : feu d’artifice de motivation

Pour remettre les choses un peu dans leur contexte (et pour ceux qui n’auraient pas lu mon précédent article « Tout plaquer… »), je me suis déclarée auto-entrepreneur à la fin de ma formation d’Accompagnatrice de tourisme équestre, qui a duré environ 7 mois. Mais je dois admettre que j’avais commencé à réactiver mon réseau bien avant la fin de la formation. J’avais entamé des activités de formatrice et de journaliste en tant que salariée à temps partiel (vacation, pigiste…) depuis un certain temps déjà. Deux activités qui me tiennent à cœur depuis toujours.

De ce fait, ce n’est qu’en septembre dernier que j’ai officiellement rejoint la « team freelance ». Très clairement, et paradoxalement, ce fut pour moi une véritable respiration. Je sortais d’une formation physique éprouvante et le fait de me retrouver chez moi à écrire, dans le calme et la sérénité (au départ tout du moins…), était un vrai bonheur. Tant et si bien que je me suis aventurée à proposer mes services bénévoles à une association locale, puis pour un journal… Hum. Je me rends compte rétrospectivement, que c’était trop ambitieux de ma part. Comme la plupart des freelances, j’ai commencé par avoir 2 ou 3 clients réguliers, puis quand le mois de décembre est arrivé, soit un peu plus de 3 mois après mon lancement, le rythme s’est accéléré. Il était donc difficile de garder une activité bénévole dans ces conditions, mais j’ai tenu la barre, tant bien que mal.

Je m’estime heureuse que mes clients soient restés fidèles et que de nouveaux soient arrivés aussi rapidement. Cependant, petit conseil : restez vigilant sur votre charge de travail. N’acceptez pas trop de commandes d’un coup. Faîtes confiance à l’expérience plutôt que de démarcher à tout va par peur de manquer… au risque de vous surcharger. Une surcharge, surtout en début d’activité, semble préjudiciable pour vous comme pour la qualité du travail rendu.

Le mot d’ordre de vos premiers mois : planification,  estimation et comptabilisation de vos horaires. Ce que, bien évidemment, j’ai trop peu fait…


Les 6 mois : le temps du premier réajustement

Ne dit-on pas que les cordonniers sont les plus mal chaussés ? On connaît particulièrement bien ce dicton dans le domaine de la communication digitale. Et je n’ai évidemment pas échappé à la règle. Preuve en est avec mes réseaux sociaux, laissés quelques mois  à l’abandon et la quasi absence d’articles sur le blog.

Il faut dire que j’était bien occupée. La priorité était de satisfaire mes clients, pour pérenniser l’activité. Je devais être disponible pour eux, quitte à complètement délaisser ma propre communication. Et sur ce sujet : zéro culpabilité. Il me semble naturel de procéder ainsi. Pour moi, la stratégie se résumé en 3 lettres : ROI (*retour sur investissement). Ce n’est pas un gros mot. Quand on a le nombre de commandes permettant de remplir un « temps plein », on se doit de leur donner la priorité. Animation de formations dans le digital, écriture print & web, animation des réseaux sociaux. Mes 3 activités phares sont certes complémentaires, mais elles n’avaient souvent rien à voir entre elles. Du coup, je vous le donne en mille : dès le deuxième trimestre, je suis devenue une sorte de « geekophrène » acharnée, sur-sollicitée par la quantité de thèmes et de tâches à couvrir. C’est à dire exactement ce que je voulais éviter. Heureusement, cette période de flottement ne m’a pas été préjudiciable. Mais rétrospectivement, je pourrais conseiller à ceux qui veulent également se lancer de ne pas attendre, comme moi, la première bougie d’anniversaire de leur activité pour faire un tri parmi leurs commandes…

Bientôt un an : faire le tri et prendre du temps pour soi

Au mois de juin, en toute logique, j’étais épuisée. Certaines bonnes résolutions, comme celles de passer plus de temps dans la nature et de me rendre à des événements pour réseauter, ont été momentanément mises en-dessous de la pile. En tenant compte du célèbre principe de Pareto* (cf explication ci-dessous), j’avais commencé un processus de tri nécessaire parmi mes commandes. Cependant, parmi ceux que je considérais comme les « commanditaires pérennes », les projets ont continué de s’enchaîner, et bien-sûr, ces projets m’intéressaient tous. Voyage, environnement, culture, digital, patrimoine… J’ai eu une période de gratitude béate à leur égard (d’ailleurs, un grand MERCI s’ils me lisent), ces sujets étant mes sujets de prédilection. Alors, pour ne pas me transformer en « robot-éditeur », et continuer de profiter des à-côtés de la vie d’indépendante (en plus de conserver le plaisir d’écrire ;), il a fallu pourtant que je m’adonne à un nouvel exercice, salutaire et pourtant ô combien difficile :  refuser certains projets. Refuser mais expliquer pourquoi, sans avoir l’air pour autant de se justifier. C’est important de ne pas s’oublier dans le processus de création d’entreprise.

*Connaissez-vous le principe de Pareto ? C’est un principe bien connu en webmarketing, qui s’appuie sur des études sur nos comportements et notre productivité dans son sens large (tout type d’actions confondu). Ce principe dit que 80 % de nos résultats (revenus, victoires personnelles, etc) sont le fruit de 20 % seulement de nos actions (efforts fournis, entraînements, etc). Magique (ou pas), ça marche aussi dans l’autre sens, et pour les clients : 80 % de nos clients ne produiraient que 20 % de nos résultats. Hum. Personnellement, ce principe me parle et a permis une prise de conscience. Pas vous ?

Couverture Ocean - Bilan de ma première année en freelance

Comment prioriser sa charge de travail ? Voici comment j’ai procédé (et continue à l’heure actuelle de procéder) :

  • Exit les mauvais payeurs et les gros retards de paiement. Je comprends évidemment les contraintes de trésorerie des petites entreprises, et le manque de flexibilité ou de réactivité de certains gros groupes, mais quand on est en mode « survie » (ne pas oublier que la micro-entreprise est un statut précaire…), soit on sous-traite ces commandes-là, soit on procède de manière logique en privilégiant ceux qui vous règlent en temps et en heure.
  •  Me défaire des clients chronophages. A ce sujet, si vous travaillez dans un domaine similaire au mien, inutile de vous faire un dessin. Pour les autres : c’est le client qui grappille du temps de presta, celui qui n’a de cesse de revenir sur le brief initial et qui change tout le temps d’avis. Celui-là même qui, généralement, n’est pas généreux sur les tarifs.
  • Réduire mes heures de formation. Vaste sujet… J’adore être formatrice et transmettre, mais ceux qui font de la formation savent combien cela peut être énergivore. Pour peu, comme moi, que vous ne puissiez pas vous passer d’un support de présentation, et ça devient réellement peu rentable.
  • Temporiser et/ou réduire le nombre de commandes de certains clients gourmands.  Quand c’est possible, évidemment. Ça ne fonctionne pas dans le cadre d’un package que vous avez vendu évidemment, ou du bouclage d’un magazine… Mais, il est toujours  possible de temporiser certaines tâches. 

Last but not least. Fin juillet, il était temps pour moi de prendre des… vacances ! Oui, oui. Des vacances, même en freelance. Même la première année. Ne souhaitant pas reproduire le schéma du CDI bien sympa, mais où vous devez parfois attendre un an complet avant de les poser, quitte à vous mettre dans le rouge, je me suis offerte 3 semaines de repos. Et donc ? J’en suis ressortie plus forte et plus sereine. La base, en fait. Mais il me fallait en passer par la case « épuisement » pour comprendre l’importance de garder une bonne hygiène de vie.

Pour conclure, je dirais que cette première année a été riche et épanouissante. Qu’elle m’a réservée son lot de surprises et d’imprévus. Mais que si c’était à refaire, je « signerais à nouveau ». Mais en prenant les choses avec plus de sérénité et en m’accordant plus de temps de détente. Quand on est à son compte, on peut vite se retrouver à faire des journées à rallonge et à travailler les weekends et jours fériés. C’est souvent ceux qui partagent nos vies qui nous le rappellent, d’ailleurs. A nous de mettre les limites avant de nous faire déborder.

NB : cet article n’a évidemment pas vocation à vous montrer « le bon chemin » à emprunter, puisque comme tout le monde, je commets des erreurs et j’apprends de celles-ci. J’attache avant tout de l’importance à suivre une voie qui me corresponde et qui me fasse vibrer. C’est un travail de tous les instants. Le chapitre est loin d’être clôt. 

Alicia

Passionnée d’environnement, Alicia conjugue au quotidien conception-rédaction et journalisme print. Ce qu'elle aime par-dessus tout : la cuisine veggie et la randonnée équestre. Vous pouvez la suivre ici : @alicia.wildweb // www.wordswildweb.com

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